Le géant européen du vélo Accell Group va effacer la marque Sparta de sa gamme d’ici 2028, au terme d’une fusion avec Batavus. Une décision annoncée lors du salon des concessionnaires du groupe, qui résonne comme un séisme aux Pays-Bas : Sparta est l’une des enseignes qui a popularisé le vélo électrique dans le pays.
Une marque centenaire condamnée à disparaître
Fondée en 1917, Sparta s’est lancée dans l’électrique dès 2003, bien avant que le marché ne décolle. En deux décennies, la marque a écoulé plus de 500 000 vélos équipés de son système ION — un ensemble intégrant batterie, contrôleur et affichage. Un héritage considérable, qui ne suffira pas à la sauver.
C’est Servaas Arts, directeur commercial d’Accell, qui a justifié ce choix lors du salon : « Il existe de nombreux fournisseurs de marques. Il est donc très difficile de se différencier en magasin, notamment en termes de nombre de vélos. » Le groupe estime que ses marques se cannibalisent mutuellement et que ses ressources sont trop éparpillées.
Pourquoi alors dissoudre la marque plutôt que de la revendre ? Servaas Arts y répond sans détour : « Nous créerions alors immédiatement notre propre concurrent. Sparta est une marque connue, c’est la raison pour laquelle nous ne le faisons pas. »
Un calendrier de transition jusqu’en 2028
La disparition de Sparta sera progressive. En 2026 et 2027, la collection restera inchangée, et la garantie ainsi que le service après-vente demeureront assurés. Les propriétaires actuels n’ont donc pas à s’alarmer à court terme.
En revanche, à partir de 2028, l’ensemble des activités basculera sous la bannière Batavus. Arts est sans ambiguïté : « À terme, la marque Sparta disparaîtra. »
Une restructuration dictée par les difficultés financières du groupe
Cette décision s’inscrit dans un contexte de crise profonde pour Accell. Après l’euphorie des ventes pendant la pandémie de Covid-19, le groupe s’est retrouvé avec des stocks excédentaires face à une demande en recul. Accell est loin d’être le seul touché par ce retournement : Porsche a lui aussi récemment abandonné le vélo électrique, en supprimant des centaines de postes.
En octobre 2024, Accell a réduit sa dette de 40 %, la ramenant de 1,4 milliard à 800 millions d’euros. Insuffisant : en février 2026, le fonds KKR a cédé le contrôle du groupe à ses créanciers dans le cadre d’une nouvelle restructuration.
Pour alléger son portefeuille, Accell a déjà pris plusieurs mesures significatives :
- Cession de la marque Nishiki au fabricant turc Kron
- Vente de Van Nicholas, spécialiste du titane, à l’italien Velo-ce
- Fermeture progressive de l’usine de Heerenveen, aux Pays-Bas, recentrée sur le design et l’ingénierie
La fusion Sparta-Batavus s’inscrit dans cette même logique de rationalisation. Reste à voir si Batavus, seule survivante, parviendra à capitaliser sur l’héritage des deux marques pour reconquérir un marché néerlandais en pleine mutation.