Selon un sondage OpinionWay réalisé pour la marque Lime auprès de 834 salariés résidant dans des agglomérations de plus de 20 000 habitants, 41 % d’entre eux citent la peur d’arriver en sueur comme un frein au vélo pour se rendre au travail. Plus de quatre sur dix, donc. Pourtant, ceux qui pratiquent déjà le vélotaf au quotidien relativisent largement cette appréhension.
Une peur qui ne résiste pas à l’expérience du terrain
Pour les adeptes du vélo-bureau, la transpiration n’est pas un obstacle sérieux. Florian, Lyonnais qui parcourt une vingtaine de kilomètres par jour pour rejoindre son travail — en chemise —, résume la situation simplement : il suffit de ne pas forcer sur les pédales. Il a d’ailleurs rapidement abandonné l’habitude d’emporter une tenue de rechange, qu’il n’utilisait jamais.
Anne, médecin parisienne et cycliste régulière, partage cette analyse. Pour elle, le vélotaf n’a rien d’une performance sportive : on va d’un point A à un point B, sans chercher à battre des records. Elle recommande par ailleurs de choisir un vélo à position droite, comme les modèles hollandais, afin de limiter la pression sous les aisselles et de pouvoir conserver ses vêtements habituels.
Les vraies variables : dénivelé, vitesse et gestion des couches
Véronique, enseignante qui se rend à Aubervilliers depuis sa banlieue, souligne que le relief joue un rôle déterminant. Sur un trajet plat, elle ne transpire quasiment pas. Elle mise sur la « ventilation naturelle » du vélo en mouvement et sur des vêtements en coton, qu’elle juge plus respirants.
Son conseil principal : pouvoir se découvrir rapidement à l’arrivée. La transpiration s’intensifie surtout à l’arrêt, lorsque le corps continue de produire de la chaleur. Enlever rapidement une couche dès que l’on descend de selle permet de limiter l’inconfort.
Stéphane, kinésithérapeute dans la région de Tours, va plus loin. Pour lui, la transpiration est « une fausse excuse » : un changement de tee-shirt et un coup de déodorant à l’arrivée suffisent amplement. Personne dans son cabinet ne s’en est jamais plaint.
Quelques réflexes pratiques pour arriver présentable
- Opter pour des sacoches sur porte-bagage plutôt qu’un sac à dos, pour éviter l’auréole humide dans le dos
- Choisir un vélo à position droite pour réduire la pression et la chaleur sous les bras
- Rouler à allure modérée, sans chercher à aller vite
- Prévoir des vêtements faciles à retirer à l’arrivée, plutôt qu’une tenue complète de rechange
Le vélo électrique, une solution pour les trajets exigeants
Pour les distances supérieures à dix kilomètres ou les parcours avec du dénivelé, le vélo à assistance électrique change la donne. Un cycliste rencontré près du parc du Thabor, à Rennes — situé en haut d’une côte prononcée — explique qu’il adapte simplement la puissance de l’assistance selon la température extérieure.
Reste un cas particulier : les fortes chaleurs, au-delà de 35 degrés, où même les vélotafeurs aguerris lèvent le pied. Paradoxalement, c’est en hiver que la gestion thermique se révèle la plus délicate. S’habiller trop chaudement avant de monter en selle génère davantage de transpiration qu’un trajet estival à allure tranquille. La règle d’or : ne pas trop se couvrir, le corps se réchauffe vite dès que les jambes pédalent.