À mesure que les épisodes de forte chaleur se multiplient, traverser la ville en pleine journée tient parfois du parcours du combattant. Quand le thermomètre frôle ou dépasse les 40 °C, la première règle reste de limiter ses déplacements aux trajets réellement indispensables. Mais lorsqu’il faut malgré tout bouger, tous les modes de transport ne se valent pas. Tour d’horizon des options, avec leurs atouts et leurs limites.
Le vélo, surtout électrique : du mouvement et un peu d’air
Rouler crée un flux d’air permanent qui procure une sensation de fraîcheur que ni le piéton ni l’automobiliste à l’arrêt ne connaissent. C’est l’un des grands atouts du vélo par forte chaleur. Encore faut-il ne pas transformer le trajet en effort intense : c’est précisément là que le vélo à assistance électrique change la donne. En réduisant la dépense physique, il limite la transpiration et la fatigue thermique, et permet d’arriver frais sans avoir forcé.
Quelques réflexes s’imposent malgré tout : emporter de l’eau, privilégier des vêtements clairs et légers, ne pas oublier les lunettes de soleil et caler si possible ses trajets en dehors du pic de chaleur de l’après-midi. Gare aussi aux bras exposés au soleil, et à la selle ou au cadre brûlants après un stationnement en plein soleil. Sur la gestion de l’effort et de la sueur, nos conseils pour pédaler sans finir trempé valent par tous les temps.
Les transports en commun : le tram tire son épingle du jeu
Côté transports collectifs, tout dépend du matériel roulant. Les rames de tramway, presque toujours climatisées, offrent un véritable havre de fraîcheur : même avec l’ouverture répétée des portes, l’air intérieur reste supportable. Le bus, lui, relève davantage de la loterie : une partie du parc n’est pas climatisée côté voyageurs, et les vitres filtrent souvent mal les rayons du soleil. Le point faible commun aux deux : l’attente à l’arrêt, rarement à l’ombre aux heures les plus chaudes.
La marche : viser l’ombre, accepter la lenteur
Marcher reste imbattable de simplicité : pas d’attente, pas de stationnement, pas d’antivol à manipuler. À condition de composer son itinéraire à l’ombre, en suivant les trottoirs épargnés par le soleil. Le revers de la médaille, c’est la lenteur : plus le trajet s’étire, plus on s’expose longtemps à la chaleur, d’autant que le bitume et le béton emmagasinent puis renvoient les rayons en plein sur les piétons.
La voiture : le confort de la clim, mais un cercle vicieux
La voiture climatisée offre, il est vrai, l’un des rares moments de fraîcheur de la journée. Mais l’habitacle laissé au soleil peut grimper bien au-delà de 50 °C : avant de démarrer, mieux vaut ouvrir grand les portières une minute pour évacuer l’air brûlant. Surtout, le paradoxe est difficile à ignorer : la voiture thermique alimente les émissions de gaz à effet de serre qui nourrissent, justement, le réchauffement à l’origine de ces canicules. Sur ce terrain climatique comme sur le portefeuille, l’électrique et le vélo gardent l’avantage.
Alors, quel mode privilégier ?
Il n’existe pas de réponse unique : le tram climatisé pour les longues distances, le vélo électrique pour conjuguer rapidité et fraîcheur relative, la marche à l’ombre pour les courts trajets. L’essentiel, par 40 °C, reste de s’écouter, de bien s’hydrater et de réserver ses sorties aux heures les plus clémentes. Encore faut-il en avoir la possibilité : à Rome, les livreurs à vélo sont contraints de rouler sous la canicule, faute de quoi ils perdent leur revenu. Et de garder en tête qu’une ville moins motorisée est aussi une ville qui se réchauffe un peu moins.