Repassés sous la barre des deux euros, le gazole et le SP95-E10 sont retombés autour de 1,90 euro le litre fin juin, au plus bas depuis le début de la guerre au Moyen-Orient. Une vraie bouffée d’air pour les automobilistes. Mais cette accalmie rappelle surtout une réalité que la mobilité électrique et le vélo contournent : tant que l’on roule au thermique, le prix du plein se décide à des milliers de kilomètres.
Une décrue réelle, portée par l’apaisement au Moyen-Orient
La baisse est nette. À la mi-journée du 24 juin, le SP95-E10 s’affichait à un peu plus de 1,90 euro le litre, le gazole à un niveau comparable, en repli quasi quotidien depuis plusieurs jours. Le SP95-E10 était déjà repassé sous les deux euros début juin, le gazole à la mi-juin ; seul le SP98 résiste encore, légèrement au-dessus de ce seuil.
Ce reflux suit l’annonce d’un accord entre Washington et Téhéran pour mettre fin au conflit ouvert le 28 février entre l’Iran, les États-Unis et Israël. La perspective d’une désescalade — et la réouverture du détroit d’Ormuz, par où transite une large part du pétrole mondial — a fait retomber les cours du brut, progressivement répercutés à la pompe. Les données proviennent du site public prix-carburants.gouv.fr, compilées quotidiennement.
De 1,72 à près de 2,19 euros : le grand huit du thermique
Pour mesurer le chemin parcouru, il faut remonter à l’avant-guerre : début 2026, le gazole et le SP95-E10 tournaient autour de 1,72 euro. Les frappes de fin février ont tout fait basculer : fin mars, le gazole atteignait un record historique de près de 2,19 euros le litre, du jamais-vu depuis 1985. En quelques mois, l’automobiliste thermique aura vu son plein grimper de plus de 45 centimes par litre avant de redescendre — au gré, à chaque fois, d’événements géopolitiques sur lesquels il n’a aucune prise.
Ce que cette flambée rappelle aux automobilistes urbains
C’est précisément cette volatilité que la mobilité électrique et le vélo permettent d’esquiver. Pendant que le diesel s’envolait au printemps, les utilisateurs de vélo à assistance électrique n’ont quasiment rien senti : leur « plein » se compte en centimes d’électricité, bien plus stables que le baril. Sur la durée, le calcul penche nettement en leur faveur, comme le montrent les avantages financiers du vélo électrique.
Le raisonnement vaut aussi pour l’automobile : une citadine électrique accessible affranchit son propriétaire des soubresauts du pétrole, avec un coût au kilomètre bien plus prévisible. La baisse actuelle est une bonne nouvelle ponctuelle ; l’indépendance énergétique, elle, est un avantage permanent.
Un répit bienvenu, mais pas un changement de cap
Reste à savoir combien de temps durera cette décrue, et si le SP98 repassera à son tour sous les deux euros. Mais quelle que soit la réponse, la leçon de ces derniers mois est limpide : se libérer du pétrole, c’est aussi se libérer de sa volatilité. Et sur ce terrain, le vélo et l’électrique gardent une longueur d’avance.