Le conseil municipal de Kingston, dans la banlieue de Londres, a dû présenter ses excuses après la publication d’un rapport sur la location de vélos électriques contenant des formulations jugées profondément sexistes. Le texte, qui suggérait notamment que ces vélos permettraient aux femmes de « s’acquitter plus facilement de leurs responsabilités domestiques traditionnelles », a déclenché une vague d’indignation parmi les habitants.
Un rapport censé promouvoir l’inclusivité, mais aux effets inverses
Le document en question s’inscrivait dans un projet visant à porter à 500 le nombre de vélos électriques disponibles à Kingston. Dans ce cadre, une étude d’impact sur l’égalité avait été réalisée — et c’est précisément dans cette section que les formulations problématiques ont été relevées.
Le rapport affirmait que les vélos électriques faciliteraient « l’accès des femmes au vélo et à l’activité physique », tout en leur permettant de « rester élégantes à vélo ». Des tournures qui, loin de promouvoir l’égalité, ont été perçues comme réductrices et condescendantes.
Le conseil a précisé que ces formulations n’étaient pas de son fait : elles étaient tirées d’un article universitaire de 2021 consacré à la mobilité genrée, repris hors de son contexte d’origine. Une explication qui n’a pas suffi à éteindre la polémique.
Une réaction immédiate sur les réseaux sociaux
C’est un habitant qui a mis le feu aux poudres en qualifiant publiquement le document « d’horreur sexiste ». D’autres voix se sont rapidement jointes à la sienne. « Cela provient de l’étude d’impact sur l’égalité réalisée dans le cadre du projet visant à porter à 500 le nombre de vélos électriques à Kingston […]. Oh mon Dieu. Pleurez, femmes de Kingston, pleurez ! », a ironisé un citoyen sur les réseaux sociaux.
Les détracteurs du conseil, dirigé par les Libéraux-démocrates, lui ont reproché de victimiser les femmes au lieu de les émanciper — à rebours de l’intention affichée.
Des excuses et une réécriture en urgence
Face à la polémique, la municipalité a réagi rapidement. Dans un communiqué publié sur son site officiel, le conseil a présenté ses excuses et annoncé la suppression des passages incriminés.
La version corrigée du rapport indique désormais que les vélos électriques pourraient « favoriser les déplacements actifs chez les femmes ainsi que sur l’ensemble de la population, en facilitant les enchaînements de trajets plus complexes auxquels les personnes ayant des responsabilités familiales peuvent être confrontées plus régulièrement. » Une formulation neutre et inclusive, qui contraste nettement avec le texte initial.
La place du vélo électrique en ville soulève partout des questions institutionnelles : à New York, c’est l’immatriculation obligatoire des vélos électriques qui fait débat.
Cette affaire illustre les risques d’une communication institutionnelle mal calibrée sur les questions de genre : en voulant cibler un public spécifique, le conseil de Kingston a produit l’exact opposé du message qu’il entendait porter. Le projet de déploiement des 500 vélos électriques, lui, doit toujours être soumis à la commission des lieux publics.