Le fabricant estonien de vélos électriques Ampler Bikes a officiellement déposé le bilan auprès du tribunal de district de Harju, en Estonie. Derrière cette faillite, une décision unique : la signature en 2021 d’un bail commercial de dix ans pour un showroom à Berlin, dont la résiliation anticipée a été évaluée à 1,2 million d’euros par le propriétaire des murs. Ses filiales allemande et suisse sont entraînées dans la chute.
Un bail signé en pleine euphorie, impossible à quitter
Portée par plusieurs levées de fonds, Ampler avait ouvert un showroom dans la capitale allemande en 2021, dans un élan d’ambition commerciale. Mais lorsque la marque a cherché à se défaire du local, le bailleur a exigé 1,2 million d’euros pour rompre le contrat.
Dix-huit mois de tentatives de renégociation n’ont abouti à rien. Cette pénalité a rendu toute nouvelle levée de fonds impossible, poussant l’actionnaire principal, Urban Mobility, à se retirer. Sans financement, la société n’avait plus d’issue.
50 emplois supprimés, trois entités touchées
La procédure d’insolvabilité de la filiale allemande était déjà engagée avant le dépôt de bilan de la maison mère. Selon le conseil d’administration, la filiale suisse devrait suivre dans les prochains jours. Au total, 50 emplois sont perdus.
Fondée en Estonie, Ampler s’était distinguée sur le marché européen du vélo à assistance électrique grâce à des modèles au design minimaliste, vendus en circuit direct. La marque avait notamment été pionnière dans l’intégration du chargement USB-C sur ses vélos.
Ce que les propriétaires d’Ampler peuvent faire
Kristjan Maruste, membre du conseil d’administration, se veut rassurant pour les utilisateurs existants : les vélos Ampler étant assemblés à partir de composants standards, l’entretien courant reste accessible dans n’importe quel atelier vélo en Europe.
La direction espère par ailleurs qu’un repreneur rachètera les actifs en bloc afin de maintenir la marque en vie. Dans l’intervalle, Blurby Bikes propose aux propriétaires d’Ampler un crédit allant jusqu’à 1 000 euros sur l’achat d’un nouveau vélo — une initiative que la marque avait déjà mise en place après la faillite de VanMoof.
Le sort d’Ampler illustre les risques d’une expansion immobilière mal calibrée dans un secteur où les marges restent sous pression — et où d’autres acteurs comme Porsche viennent récemment d’abandonner leurs activités vélo électrique. La désignation d’un mandataire judiciaire et l’éventualité d’une reprise seront les prochaines étapes à surveiller.