Alors que les ventes de vélos électriques ont reculé de 16 % en 2025 — leur troisième baisse consécutive —, le marché de la trottinette électrique affiche une remarquable résistance, avec un repli quasi nul de 1 % sur la même période. Deux facteurs expliquent cet écart : le prix et la simplicité d’utilisation.
Un secteur qui se stabilise autour de 600 000 unités par an
Selon le dernier baromètre de la micromobilité publié par Mobilians et le Smart Lab Mobility, les ventes de trottinettes électriques se maintiennent à environ 600 000 unités pour la troisième année consécutive, malgré une quatrième année de légère baisse. Un plateau qui contraste avec la chute libre du vélo électrique, pénalisé notamment par la suppression des aides publiques à l’achat, selon les données de l’Observatoire du Cycle publiées par l’Union Sport & Cycle fin avril.
Pour le vélo électrique, il s’agit de la deuxième année consécutive à -16 %, un recul que l’Union Sport & Cycle espère enrayer en plaidant pour le développement des vélos de fonction, un sujet qui continue d’alimenter les débats autour des mobilités urbaines.
Le prix, premier argument de la trottinette
Maximilian Bermond, directeur général France de Segway-Ninebot, a mis en avant le différentiel tarifaire lors d’une intervention sur RMC le 21 mai. Le prix moyen d’une trottinette électrique tourne autour de 370 euros selon lui, tandis que le baromètre de la micromobilité le situe à 402 euros en 2025, contre 414 euros l’année précédente.
« Il y a vraiment un côté accessible et facile d’achat pour les usagers par rapport aux vélos électriques », a-t-il déclaré. Au-delà du tarif, il souligne également la « commodité d’usage » de la trottinette, plus simple à transporter et à stocker qu’un vélo.
Cette logique de mobilité compacte et flexible s’observe d’ailleurs dans de nombreuses grandes villes où les déplacements courts deviennent majoritaires, au même titre que les nouvelles formes de mobilité urbaine.
Un marché encore jeune, avec des lacunes en matière de sécurité
Maximilian Bermond reconnaît toutefois que le secteur reste « jeune » et « doit s’améliorer sur certains points », notamment concernant le comportement des utilisateurs. Le port du casque, non systématique, constitue l’un des principaux angles morts de la pratique, alors que les débats autour du casque obligatoire à vélo et trottinette électrique continuent de prendre de l’ampleur.
Un témoignage illustre concrètement les risques encourus. Fabien, gardien d’immeuble dans le Haut-Rhin, a raconté au micro du Morning RMC son accident après qu’un chien non attaché a traversé une piste cyclable devant lui : « J’ai dû faire un freinage d’urgence et ensuite j’ai fait un soleil. Résultat des courses, quatre fractures au poignet. » Il précise que le bilan aurait pu être bien plus grave sans son casque de moto.
La stabilisation des ventes de trottinettes dans un contexte de marché difficile confirme l’ancrage de ce mode de déplacement dans les habitudes urbaines. Reste à savoir si les acteurs du secteur parviendront à faire progresser les pratiques de sécurité au même rythme que leur diffusion commerciale.