Le secteur du cycle français affiche un chiffre d’affaires de 3,1 milliards d’euros en 2025, en retrait de 4,8 % sur un an. Quelque 1 836 000 vélos neufs ont trouvé preneur, soit 6 % de moins qu’en 2024. Pourtant, cette contraction masque une réalité plus nuancée : jamais les Français n’ont autant roulé à vélo.
Un ralentissement aux causes multiples
L’incertitude économique pèse en premier lieu sur les arbitrages des ménages. « Cette contraction s’explique en grande partie par un contexte économique incertain, qui incite les consommateurs à reporter leurs achats, notamment de vélos neufs », explique Virgile Caillet, délégué général de l’Union des entreprises du cycle (UESC). Il tempère toutefois : « La baisse est moindre que ce qu’on pouvait craindre. »
D’autres freins structurels s’ajoutent à la conjoncture. Le prix moyen d’un vélo à assistance électrique atteint 2 000 euros, les difficultés de stockage en milieu urbain, le risque de vol et la saturation d’un parc déjà largement équipé pèsent sur la demande. La suppression des aides à l’achat et le ralentissement des investissements dans les infrastructures cyclables ont également contribué au tassement.
Sur le terrain, 150 magasins spécialisés ont fermé leurs portes au cours de l’année.
La réparation compense et révèle un usage intensif
Face au recul des ventes de neuf, l’entretien et la remise en état des bicyclettes connaissent un essor remarquable. Le nombre de réparateurs a progressé de 10,5 %, porté notamment par le Fonds réparation soutenu par les metteurs sur le marché. Résultat : il se répare aujourd’hui 3,5 fois plus de vélos qu’il ne s’en vend de neufs — un indicateur fort d’une pratique ancrée dans le quotidien.
Le marché de l’occasion suit la même dynamique, avec une hausse de 13,9 %. Le développement des vélos en libre-service, des flottes de collectivités et de la location longue durée contribue également à élargir l’accès au deux-roues sans passer par l’achat neuf.
Le vélo reste le premier moyen de locomotion vendu en France
Malgré le recul, le vélo conserve une place de choix dans les modes de déplacement. « Près de 2 millions de vélos ont été vendus en 2025. C’est considérable. C’est le premier moyen de locomotion vendu en France, loin devant les voitures, les trottinettes ou les scooters », souligne Virgile Caillet.
Les compteurs installés sur les voies cyclables confirment cette tendance : la fréquentation progresse. Cette dynamique s’explique notamment par les nombreux avantages du vélo en ville, qui séduit toujours plus d’usagers au quotidien. La flambée des prix du carburant pourrait, selon le délégué général, attirer de nouveaux usagers : « C’est une possibilité. »
Le marché du cycle reste par ailleurs supérieur à ses niveaux d’avant la période Covid, ce qui relativise la portée du recul actuel. La vraie question pour les prochains mois sera de savoir si un regain des aides publiques ou une pression accrue sur le coût des carburants suffira à relancer les ventes de vélos neufs.