En 2024, les ventes et la production de vélos en Allemagne ont chuté, touchant tant les modèles électriques que mécaniques. Quels impacts sur le marché français et quelles perspectives pour l’avenir ?
L’évolution préoccupante du marché allemand du vélo
La baisse des ventes en 2024 n’a pas pris le secteur par surprise. En effet, comme l’avaient anticipé certaines analyses antérieures, une décroissance de 7 % avait été signalée pour les vélos neufs dès le début de l’année.
Ce recul n’est pas isolé : il s’inscrit dans une tendance plus large du marché européen où plusieurs pays observent également une réduction de l’intérêt pour les nouveaux modèles. Cependant, l’Espagne semble aller à contre-courant de cette tendance : ses ventes de vélos continuent de progresser, confirmant une dynamique positive sur son marché national.
Les chiffres dévoilés par la ZIV révèlent que l’Allemagne a enregistré un total de 3,85 millions de vélos vendus, contre 3,95 millions en 2023. Parmi ces cycles, les vélos à assistance électrique (VAE), bien qu’ils restent majoritaires avec 53 % des ventes, ont également connu une régression.
Le nombre d’unités écoulées a diminué d’environ 95 000 par rapport à l’année précédente, illustrant un affaiblissement de la demande même dans cette catégorie qui était en pleine expansion ces dernières années.
Un recul transversal dans la production
Au-delà des ventes, c’est aussi la production qui a souffert en 2024. Les statistiques indiquent une chute significative de 13,8 % pour l’ensemble de la production vélo. Plus précisément, la production de vélos électriques a décru de 14,8 %, tandis que celle des vélos mécaniques a connu une baisse de 11,7 %. Cet affaiblissement montre une corrélation directe avec la baisse de la demande sur le marché intérieur ainsi que sur l’international.
Alors que traditionnellement l’Allemagne est considérée comme un baromètre du marché européen, cette contraction peut avoir un effet domino sur ses partenaires européens, dont la France. Historiquement, le dynamisme du secteur allemand a souvent influencé ses voisins en raison de sa puissance économique et de ses innovations technologiques de premier plan.
Signes d’espoir : vers une reprise en 2025 et au-delà
Malgré ces défis, l’industrie du vélo ne s’engouffre pas totalement dans le pessimisme. Selon Katharina Hinse, responsable de la politique économique et industrielle de la ZIV, les premiers signes positifs émergent déjà, notamment dans le secteur des services associés comme la réparation et les accessoires. Ces zones d’activité montrent une résilience et pourraient signifier un changement de paradigme vers des pratiques d’achat et de consommation plus durables.
L’attente principale repose cependant sur un redressement plus généralisé attendu pour 2026. Divers facteurs alimentent cette prévision optimiste : les infrastructures cyclables continuent de s’améliorer, les vélos électriques gagnent en technologie, et les politiques publiques favorables encouragent l’intérêt croissant pour des modes de transport plus écologiques.
Potentiel impact sur le marché français
Bien que les statistiques précises pour la France ne seront disponibles qu’en avril 2025, il est probable que le marché français subira également des conséquences tardives similaires à celles observées en Allemagne. La santé économique du secteur du vélo en France dépend fortement des tendances européennes et mondiales où des géants comme l’Allemagne jouent un rôle clé.
Les fabricants et distributeurs français surveillent donc ces évolutions de près. Une attention particulière doit être accordée aux préférences changeantes des consommateurs qui pourraient influencer non seulement l’offre mais aussi la manière dont le marché répond aux attentes croissantes en matière d’écologie et de durabilité.
Quelles stratégies pour rebondir ?
Afin de surmonter cette période de décroissance, plusieurs pistes peuvent être envisagées. Premièrement, un investissement accru dans des technologies innovantes pourrait attirer à nouveau les consommateurs vers des produits différenciés avec des avantages spécifiques, tels que des systèmes de freinage avancés ou des batteries plus performantes. L’innovation reste un levier essentiel pour relancer l’attrait des vélos modernes.
Par ailleurs, renforcer les campagnes de sensibilisation sur les avantages des vélos, notamment en termes de qualité de vie urbaine et de réduction de l’empreinte carbone, pourrait revitaliser l’intérêt général pour le cyclisme. Parallèlement, développer des partenariats entre villes et entreprises privées pour améliorer les infrastructures cyclistes rendra plus attractive l’utilisation quotidienne des vélos par un nombre croissant d’habitants.
- Optimiser l’accessibilité financière grâce à des subventions ou des financements spécifiquement dirigés vers les solutions mobilité verte.
- Agrandir les réseaux de réparateurs certifiés pour renforcer la confiance dans les services post-achat et allonger la durée de vie des vélos.
- Soutenir les initiatives locales favorisant les déplacements doux dans les centres urbains par des mesures incitatives telles que l’octroi de places de stationnement réservées.
La situation actuelle du marché du vélo, bien que difficile, offre néanmoins des opportunités intéressantes. Elle représente un moment crucial de réflexion et d’ajustement stratégiques face aux défis économiques et environnementaux contemporains. Reste à voir comment les acteurs majeurs sauront tirer parti de ces nouvelles dynamiques pour relancer durablement cette industrie en mouvement.